Accueil Information plastique générale Greffe de tissu graisseux
Greffe de tissu graisseux
INFORMATIONS DES PATIENTS - Chirurgie plastique générale I

Méthode

 

Réellement codifiée en 1995, la greffe de tissu graisseux consiste à prélever de la graisse dans une région du corps pour la réinjecter après centrifugation dans une autre région. L'intervention se déroule donc en trois étapes.

 

  • Prélèvement : la graisse est prélevée à l'aide de canules fines dans les régions les plus grasses du corps (le plus souvent l'abdomen, les flancs, ou la face interne des cuisses). Les produits anesthésiants locaux risquant de fragiliser les adipocytes (cellules graisseuses), cette intervention est le plus souvent réalisée sous anesthésie générale.
  • Purification : la graisse prélevée est ensuite centrifugée selon des modalités précises afin d'isoler au maximum les adipocytes des débris sanguins et du surnageant huileux.
  • Réinjection : les adipocytes purifiés sont réinjectés au niveau du site receveur avec des micro-canules atraumatiques. Ces cellules graisseuses seront revascularisées grâce au contact qu'elles établissent avec les tissus du site receveur. Cependant, le taux de survie des adipocytes injectés n'est pas de 100%, ce qui explique qu'un certain degré de surcorrection et/ou une multiplication des séances d'injections soit parfois nécessaire.

 

 

Indications

Réalisée dans de bonne conditions, la greffe de tissu graisseux a prouvé son efficacité dans le comblement de dépressions modérées. En outre, elle peut également améliorer considérablement la trophicité de la peau après radiothérapie ou dans certains cas de sclérodermies.

En fonction de l'indication, ce geste chirurgical sera soumis à accord préalable de la sécurité sociale ou considéré comme un acte de chirurgie esthétique. Dans ce dernier cas, l'ensemble des frais sera à cotre charge et aucun arrêt de travail ne pourra vous être préscrit.

On peut classer les indications des greffes d'adipocytes en trois groupes en fonction de la localisation du site receveur.

 

  1. Dépression ou troubles trophiques en dehors des seins, notamment lipodystrophie iatrogène du visage secondaire à une bi ou tri-thérapie anti-rétrovirale, syndrome malformatifs (Poland, Romberg, pectus excavatum), radiodystrophie, sclérodermie...
  2. Dépression mammaire résiduelle après reconstruction du sein post-mastectomie (ablation du sein). En effet, quelque soit la technique de reconstruction utilisée, il peut persister de petites dépressions au niveau du sein reconstruit. Celles-ci sont le plus souvent accessibles à une greffe de tissus adipeux.
  3. Dépression mammaire iatrogène après tumorectomie seule (exérèse de tumeur du sein avec conservation du sein). Les données actuelles de la science ne permettant pas d'éliminer formellement le rôle des adipocytes et des cellules souches dans la carcinogénèse mammaire (formation de cancer), la greffe d'adipocytes ne peut être réalisée que dans le cadre d'un protocole de recherche national imposant l'information spécifique et le consentement des patientes et leur surveillance régulière à long terme. Le service de chirurgie plastique du Professeur Servant est inclus dans ce protocole. Pour les mêmes raisons, la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique recommande de ne pas utiliser cette technique à des fins esthétiques d'augmentation du volume mammaire.

 

 

Avant l'intervention

 

 

  • 2 consultations de chirurgie espacées de 15 jours minimum sont obligatoires avant tout acte de chirurgie esthétique.
  • 1 consultation d'anesthésie est obligatoire plusieurs jours avant l'intervention
  • Des photographies médicales sont toujours réalisées
  • Si l'intervention n'est pas prise en charge par la sécurité sociale, prévoyez une période d'indisponibilité professionnelle de quelques jours après l'intervention, car aucun arrêt de travail ne pourra vous être prescrit. De plus, l'ensemble des frais encourus est à votre charge puisqu'il s'agit d'une intervention purement esthétique.
  • Les consignes médicales systématiques les plus importantes sont les suivantes :
    • Arrêt stricte du tabac 2 mois avant l'intervention, pour réduire le risque de nécrose cutanée des zones décollées.
    • Arrêt de la prise d'aspirine, d'anti-inflammatoires, ou d'anti-coagulants oraux dans les 15 jours qui précèdent l'intervention, pour réduire le risque hémorragique.
    • Arrêt de la contraception orale 1 mois avant l'intervention, pour diminuer le risque thrombo-embolique.
    • Shampooing et douche bétadinée la veille de l'intervention.

 

L'intervention

Vous êtes hospitalisé(e) le matin de l'intervention à 7h30.

Vous devez impérativement être à jeun depuis minuit (y compris pour l'eau et le tabac).

L'intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie générale, et dure entre 30 minutes et 2 heures.

 

Après l'intervention

 

 

  • Une surveillance a lieu en salle de réveil d'abord, puis dans votre chambre.
  • Le retour à domicile a lieu selon les cas le jour même (hôpital de jour) ou le lendemain de l'intervention. Il est recommandé qu'une personne accompagne votre retour à domicile.
  • Lorsqu'ils existent et ne sont pas résorbables, les fils sont retirés 1 à 2 semaine après l'intervention.
  • La première douche est autorisée dès le lendemain de l'intervention et peut s'accompagner d'un shampooing.
  • De façon classique et habituelle, il existe pendant les premières semaines ou les premiers mois qui suivent l'intervention :
    • un oedème (gonflement) et des ecchymoses (bleues ou violettes) des régions injectées. D'importance variable, ils sont souvent asymétriques et persistent pendant quelques semaines, et au moins 15 jours.
    • une diminution ou une disparition de la sensibilité des zones injectées est transitoirement possible.
    • des douleurs possibles. Lorsqu'elles existent, elles sont bien soulagées par les traitements antalgiques simples.
    • La période d'arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.
    • Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l'intervention.
    • Finalement, 6 à 12 mois sont nécessaires avant de pouvoir juger du résultat définitif de l'intervention.

 

 

Les risques

 

Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit dans les conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et à la réglementation en vigueur, expose à un risque de complication. Comme toute intervention chirurgicale, la réinjection de graisse autologue comporte des risques :

 

Complications générales

 

Les risques liés à l'anesthésie générale vous seront expliqués par le médecin anesthésiste lors de votre consultation ( voire cette fiche).

Parmi les complication générales de la chirurgie (voir cette fiche), à vrai dire exceptionnelles dans ce type d'intervention, on peut citer les risques suivants :

 

  • L'hémorragie. Qu'elle soit extériorisée dans le pansement (saignement) ou non (hématome), elle est d'importance variable. Il est exceptionnel qu'elle impose une réintervention chirurgicale sous anesthésie générale.
  • L'infection du site opératoire est possible.
  • Des troubles de la cicatrisation peuvent apparaître au niveau des points de prélèvement et/ou de réinjection : cicatrices larges, ou hypertrophiques, voire chéloïdes.

 

 

Les complications spécifiques de cette intervention sont plutôt des imperfections du résultat, relativement fréquentes. Elles sont en fait imprévisibles. Il peut s'agir :

 

  • Soit d'une résorption excessive des cellules graisseuses injectées, ce qui aboutit à une correction insuffisante de la dépression, qui peut conduire à une nouvelle réinjection de graisse quelques mois après la première.
  • Soit une hypercorrection de la dépression, beaucoup plus difficile à traiter, car pouvant conduire à une véritable exérèse chirurgicale de la graisse en excès, avec ses risques et incertitudes cicatricielles.
  • Dans tous les cas, il faut attendre plusieurs mois après l'intervention initiale pour juger du résultat définitif et décider d'une éventuelle réintervention.

 

Les cicatrices

 

Comme pour toute intervention chirurgicale, il existe des cicatrices définitives. Les cicatrices de cette intervention sont extrêmement petites et discrètes. Néanmoins, comme toutes les cicatrices (voir cette fiche) :

 

  • elles sont définitives et indélébiles.
  • elles doivent être protégées du soleil pendant au moins 6 mois pour éviter le risque de pigmentation définitive.
  • elles peuvent être rouges et visibles pendant plusieurs mois.
  • leur aspect définitif (largeur, épaisseur, couleur) est imprévisible et ne doit pas être jugé avant 6 à 12 mois.

 

 

 
Copyright © 2018 hopitalsaintlouis.org. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.