Pierre BANZET
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IN MEMORIAM

Pierre BANZET (1929 – 2012)

Fils de Paul BANZET et de Marie-Hélène PEUGEOT, quatrième et dernier enfant de la famille, Pierre BANZET était né le 18 juillet 1929 à Paris. Son père et son grand-père paternel étaient chirurgiens, ce qui influença bien sûr fortement sa vocation.

Samuel BANZET, son grand-père, était le fils d’un pasteur protestant qui avait quitté en 1870 Strasbourg devenue allemande. Chirurgien, c’est lui qui avait créé à Paris le service de chirurgie de l’hôpital des Peupliers, qui dépendait alors de la Croix-Rouge.

Paul BANZET, son père, avait été aviateur pendant la guerre de 1914 où son propre frère, qui était Saint-Cyrien, avait déjà trouvé la mort au tout début des combats. Devenu chirurgien des hôpitaux, il n’avait jamais voulu concourir pour l’agrégation pour garder sa liberté. Il exerçait en effet « à l’ancienne » : le matin à l’hôpital Broussais de l’Assistance Publique, et l’après-midi « en ville » et, notamment, à l’hôpital des Peupliers. A cette glorieuse époque, il n’y avait qu’un seul chirurgien de garde pour tous les hôpitaux de l’Assistance Publique de Paris. Une voiture et son chauffeur étaient à sa disposition toute la nuit pour aller opérer d’hôpital en hôpital. Une nuit d’hiver, il avait été appelé à l’hôpital Boucicaut, tenu alors par des religieuses. Il y avait vu un homme qui présentait une cicatrice abdominale médiane et tous les signes cliniques d’un ulcère gastrique perforé. Il l’avait donc opéré en urgence, mais pour rien, car à sa grande surprise, il n’avait rien trouvé dans le ventre. Interrogé le lendemain, le patient avait fini par lui avouer qu’il avait simulé ce tableau pour pouvoir passer l’hiver au chaud… De pitoyable, cette histoire était devenue drôle deux ans plus tard. Le même scénario s’était en effet reproduit à l’identique et, manque de chance pour le patient simulateur, le hasard avait fait que c’était le même chirurgien de garde qui avait encore été appelé. L’ayant instantanément reconnu, Paul BANZET avait mis une paire de claque au patient simulateur, qui s’était enfui sans demander son reste, sous le regard affolé des bonnes sœurs…

Issu d’une telle lignée, Pierre BANZET avait choisi d’être chirurgien à son tour. Il avait vécu son enfance et son adolescence à Paris, avec des séjours dans la région de Montbéliard lors des vacances et de la fin de la guerre. Etudiant en médecine, il avait été externe des hôpitaux de Paris dans des services aussi prestigieux à l’époque que ceux de Louis PASTEUR VALLERY-RADOT, Louis JUSTIN-BESANÇON, et Lucien de GENNES …

Il avait été nommé à l’internat en 1954, à son 5ème concours, comme c’était fréquent à l’époque.

Après sa nomination à l’internat, et avant d’accomplir ses obligations militaires, il avait suivi pendant quelques mois les cours d’histoire de l’art de l’école du Louvre.

Ayant suivi une formation d’élève-officier de réserve, ce qui lui avait permis de bénéficier d’un report d’incorporation, il avait effectué deux ans de service militaire en Algérie, à Batna, en 1956 et 1957. Bien que cela lui eût été suggéré, il s’était interdit de faire intervenir ses relations, qui auraient pourtant pu être efficaces pour modifier cette affectation peu enthousiasmante. La guerre d’Algérie avait en effet commencé en 1954…

A son retour d’Algérie, il avait commencé sa formation chirurgicale dans le cadre de l’internat des hôpitaux de Paris. A cette époque, les spécialités chirurgicales n’existaient pas, et la formation était celle de la chirurgie générale. Il avait donc effectué ses quatre années d’internat dans des services variés :

  • Chez son père, le docteur Paul BANZET, à Broussais
  • Chez le docteur Pierre Paul PETIT à Saint-Vincent de Paul
  • Chez le professeur Roger COUVELAIRE, à Necker
  • Chez le professeur François de GAUDART d'ALLAINES, à Broussais
  • Chez le professeur Robert MERLE d'AUBIGNE, à Cochin
  • Chez le professeur Lucien LEGER à Cochin
  • Chez le professeur Gaston CORDIER à la Pitié
  • Chez le professeur Jean-Louis LORTAT-JACOB  à Necker

Il avait passé sa thèse de docteur en Médecine en 1960, avec un sujet de chirurgie de la main qui lui avait été confié par MERLE D’AUBIGNE : « Les plaies du nerf médian. Etude analytique de 48 observations. ». Il avouait pourtant avoir eu beaucoup plus d’affinités intellectuelles avec Robert MEARY qu’avec MERLE D’AUBIGNE.

En 1960 et 1961, il avait été Chef de Clinique – Assistant dans le service du Professeur Lucien LEGER, d’abord à Cochin, puis à Lariboisière. En 1961, Lucien LEGER était parti à l’hôpital de la Pitié, et Claude DUFOURMENTEL, qui jusque là travaillait au service des consultations de l'hôpital Saint-Louis, et opérait dans le service de chirurgie générale du Pr MIALARET, avait constitué son service et son équipe à Lariboisière. Il s’y était assuré la collaboration de Roger MOULY et de Pierre BANZET et avait créé le premier service de chirurgie plastique de France. De janvier à mai 1961, les premiers internes de ce service avaient été Michel TEXIER (1930-1996), Pierre ACHACH, et Alain MARTINAUD-DESPLAT. A cette époque, et jusqu’au début des années 1980, le service participait à la garde de chirurgie générale et opérait aussi toutes les urgences traumatiques, abdominales et thoraciques.

Le transfert du service de chirurgie plastique de Lariboisière à Saint-Louis s'était effectué en janvier 1962, lorsque Claude DUFOURMENTEL avait pris la succession du Pr GUENIN (chirurgie générale), parti à l'hôpital Ambroise Paré de Boulogne. L’histoire de la chirurgie plastique à Saint-Louis pouvait commencer. A cet égard, Pierre BANZET avait confié à Gérard FLAGEUL :

« C'est un heureux hasard qui m'a conduit à rencontrer le Pr Dufourmentel ; je lui en suis extrêmement reconnaissant car c'est lui qui m'a fait découvrir la chirurgie plastique. Il m'a tout appris dans ce domaine et m'a permis de poursuivre une carrière hospitalière. J'ai ainsi eu la chance de voir se développer la chirurgie plastique moderne. »

Désireux de poursuivre une carrière hospitalière, il devait pour cela passer le concours d’agrégation. Or celui-ci avait été fermé pendant huit ans. Pierre BANZET décrivait pourtant les années qui s’étendaient de 1961 à 1970 comme ayant constitué les plus heureuses de sa vie professionnelle. Tout en restant attaché à l’hôpital dans le service de Claude DUFOURMENTEL, il avait en effet fait construire avec trois autres chirurgiens la clinique chirurgicale de Champigny, qui comprenait 58 lits. Il s’occupait non seulement de remplir cette clinique en y opérant avec ses trois collègues, mais aussi de la gérer, et il avait spécialement suivi pour cela les cours de gestion d’une école de commerce.

Des évènements de mai 1968, il gardait un souvenir original puisque pendant cette période, il avait participé pendant quinze jours à l’organisation et à l’enseignement d’un cours de chirurgie de la main à Montpellier, avec Raymond VILAIN, Julien GLICENSTEIN, Jacques MICHON, Raoul TUBIANA, etc. Là-bas, il ne s’était apparemment rien passé et les évènements de la vie parisienne ne les avaient pas atteints. La surprise les attendait à leur retour à Paris …

Lorsque l’inscription au concours était redevenue possible, il avait passé l’agrégation d’orthopédie en 1970, à l’âge de 41 ans. Lucien LEGER et Robert MERLE D’AUBIGNE faisaient partie de son jury.

Une fois nommé, il avait souhaité poursuivre une activité libérale dans le cadre du secteur public hospitalier. Le temps que l’hôpital lui fournisse les moyens et les structures de cette activité, qui était alors loin d’être considérée comme honteuse, il avait été autorisé transitoirement à l’exercer à la clinique Pierre Cherest de Neuilly. Il avait été secondé dans son activité libérale par Madame Nicole LEVAYER, qui est restée sa secrétaire-instrumentiste dévouée pendant toute sa vie professionnelle.

Devenu professeur à la faculté et chirurgien des hôpitaux, il avait lui-même secondé à plein temps Claude DUFOURMENTEL dans son service, et il avait tout fait pour le développement hospitalier et universitaire de la chirurgie plastique et reconstructrice. Il faut en particulier insister sur le fait qu’il avait été le tout premier plein-temps hospitalo-universitaire parisien de notre spécialité, qui était exercée jusqu’alors à mi-temps à l’hôpital.

En 1972, il avait fait installer un laboratoire de microchirurgie dans les sous-sols du pavillon Lailler, dans des locaux désaffectés qui avaient servi autrefois à l’entraînement sur le cochon des premières transplantations rénales. L’objectif était d’entraîner les internes du service à cette technique nouvelle, et de faire évoluer la recherche en microchirurgie vasculaire et nerveuse. Il avait recruté pour cela un ingénieur venu de la biologie, Madame Claudine ARROUVEL, qui était chargée de l’organisation du laboratoire et de la formation pratique. Ce laboratoire, qui avait finalement déménagé des sous-sols de l’hôpital Saint-Louis jusqu’au 5ème étage de la faculté de médecine Lariboisière, servait de support à un diplôme universitaire de chirurgie expérimentale et microchirurgie. Disparu en 2008 lors du départ à la retraite de Madame ARROUVEL, ce laboratoire avait permis de former pendant 36 ans des générations de chirurgiens et de vétérinaires aux techniques de la microchirurgie.

Au début des années 1970, à une époque où cette affection sentait fort le fagot, Pierre BANZET avait commencé à prendre en charge à l’hôpital public la chirurgie du transsexualisme, avec l’aide de Daniel MARCHAC et la collaboration des professeurs Jacques BRETON, psychiatre à Fernand Widal, et Jean-Pierre LUTON, endocrinologue à Cochin. Cette équipe de pionniers a formé des successeurs, qui poursuivent aujourd’hui à Paris cette prise en charge délicate. A cet égard, Pierre BANZET a été nommé membre d’honneur de la Société Française d’Etudes et de prise en Charge du Transsexualisme (SoFECT), qui avait été créée en 2010.

Outre la microchirurgie et le transsexualisme, ses sujets d’intérêt favoris en chirurgie plastique étaient le mélanome, le dermatofibrosarcome de Darier et Ferrand, et les éventrations. Il avait en particulier développé et promu la méthode très efficace du laçage à la peau totale autologue, qui avait été décrite initialement par Jean GOSSET. Loin d’être à la recherche d’exploits personnels, il était plutôt un homme d’action en équipe et de synergie avec les autres, qu’ils appartinssent à la spécialité ou non (cancérologues, dermatologues, psychiatres, endocrinologues), et il possédait un sens très développé de l’intérêt général et du bien commun. Avec Jean-Marie SERVANT, il avait coordonné la rédaction d’un traité à auteurs multiples sur la chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, qui a été publié chez Flammarion en 1994, et qui reste encore aujourd’hui sans équivalent dans la langue française.

 

En 1977, à la suite de Daniel MOREL-FATIO (1953-1964) puis de Roger MOULY (1965 - 1976), il avait été élu Secrétaire Général de la Société Française de Chirurgie Plastique et Reconstructrice (SFCPR), poste où il avait été régulièrement réélu jusqu’en 1988. Le siège de la Société était à l’époque situé à l’hôpital Saint-Louis, juste à côté du secrétariat du service, au 3ème étage sous les toits. La Société avait déménagé dans les années 80 pour occuper les anciens bâtiments des Bains de l’hôpital Saint-Louis, qu’elle avait quitté en 1997 pour occuper son adresse actuelle à Courbevoie. Il ne faut pas oublier que c’est sous l’impulsion de Pierre BANZET que la chirurgie esthétique a fait son entrée officielle dans la spécialité, et que la SFCPR était devenue « SFCPRE » en 1982[1]. Devenu président de la SoFCPRE en 1999, son rapport était consacré à la « chirurgie plastique reconstructrice et esthétique de la paroi abdominale ».

En 1983, avec l’aide de Maxime SELIGMANN, professeur d’immunologie à Saint-Louis, assistant de Jean BERNARD, et conseiller du ministre de l’enseignement supérieur, Alain SAVARY, c’est Pierre BANZET qui avait obtenu la création de la sous-section 50-04 de « chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique » au Conseil National des Universités. C’est donc à lui que nous devons la reconnaissance universitaire de cette spécialité en France, et son autonomie vis-à-vis de la chirurgie orthopédique. Très actif à la Faculté, il avait occupé le poste de Vice-Doyen à la faculté de médecine Saint-Louis Lariboisière d'abord avec le Doyen Etienne FOURNIER, de 1983 à 1989, puis avec le Doyen Daniel KUNTZ de 1989 à mars 1994.

Lorsque Claude DUFOURMENTEL avait pris sa retraite, en 1980, Pierre BANZET était devenu chef de service, jusqu’à sa propre retraite, en 1995. Pendant ces 15 ans, 152 internes ou faisant-fonction, et 21 chefs de clinique - assistants s’y sont succédé. Tous conservent de leur Patron un souvenir ému et profondément reconnaissant. Avec tous ses anciens chefs de clinique-assistants, nous avions organisé pour son départ à la retraite un dîner dans un grand restaurant parisien. C’était une surprise totale pour lui, et il n’avait donc absolument rien préparé. Mais à la fin du repas et de la soirée, il s’était levé et, debout, il avait successivement improvisé sans la moindre hésitation et avec la plus grande justesse une parole, une dédicace particulière, une épigramme ou un compliment adapté pour chacune des 30 personnes admiratives, à qui ces mots étaient allés droit au cœur.

Pierre BANZET avait succédé à Michel BOIRON à la présidence du Comité Consultatif Médical de l’hôpital Saint-Louis, et avec son vice-président Yves NAJEAN, il avait rempli cette fonction difficile avec la force tranquille, l’élégance et le sens du service qui le caractérisaient. Il s’était particulièrement bien entendu avec le directeur de l’époque, Edouard COUTY, qu’il estimait beaucoup malgré leurs divergences idéologiques. Quant au service lui-même, il était initialement situé dans le bâtiment Lailler, sur les lieux de « la première usine à gaz française (1818-1860) ». Il avait déménagé dans les bâtiments du nouvel hôpital Saint-Louis, lorsque sa première tranche avait été livrée en 1984. Malgré la modernité de ces nouveaux locaux, Pierre BANZET avait toujours regretté l’ancien service et son ambiance familiale, avec au rez-de-chaussée sa consultation autonome qui s’ouvrait directement sur la rue Bichat ; au 1er étage les salles d’hospitalisation Dujarrier et Grégoire, et une salle d’opération ; au 2ème étage les salles Morestin, Glantenay et Albaran et, derrière la salle Sébileau, le bloc opératoire avec ses trois salles d’opération et un ascenseur qui y aboutissait presque directement ; au 3ème étage, « au grenier » sous les combles, la salle d’opérations externes, le secrétariat médical, les bureaux et la salle de staff. Après la grande visite du lundi matin, il allait s’asseoir dans le minuscule bureau de la surveillante générale, entouré par ses chefs et ses internes qui étaient debout, tous autour du programme opératoire de la semaine qu’il remplissait sous leurs yeux attentifs et intéressés. Puis c’était le staff des patients difficiles, à l’étage supérieur, tout au bout du couloir du secrétariat. Nombreux sont les chirurgiens plasticiens qui se souviennent d’avoir passé leur examen du Diplôme du Collège dans cette petite salle sous les toits…

Il a fait nommer au titre de professeur Jean-Marie SERVANT en 1985, puis Marc REVOL en 1994.

Ainsi, la vie professionnelle de Pierre BANZET se confond largement avec l’histoire du service de chirurgie plastique de l’hôpital Saint-Louis, avec celle de la SoFCPRE et, finalement, avec celle de la spécialité toute entière, qu’il a officiellement fait reconnaître sur le plan universitaire en France, qu’il a fait émerger sur le plan hospitalier à Paris, et qu’il a enfin favorisé de toutes les manières possibles, directement ou indirectement.

Il avait pris sa retraite hospitalo-universitaire en 1995, mais il était demeuré très actif, tant à l’Académie Nationale de Médecine, dont il avait été élu membre titulaire en 1994, qu’au conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, dont il était membre de 1994 à 2007, qu’au Comité de la Charte, dont il était devenu censeur bénévole. Il avait aussi présidé le comité médical de la CNP Assurances de 1997 à 2002, et il avait participé à ce titre à la réflexion concernant le projet d’une alternative privée à la sécurité sociale. Il était aussi expert judiciaire, inscrit sur la liste nationale de la Cour de Cassation, et il avait collaboré à la rédaction de plusieurs livres d’expertise en responsabilité professionnelle.

C’était un des derniers grands patrons parisiens comme il n’en existe plus, et dont les qualités humaines étaient exceptionnelles.

De grande taille, le maintien distingué, il dégageait une impression de calme, de force et de puissance. Clairvoyant et pénétrant, il s’exprimait dans un langage châtié et mesuré, d’où l’humour n’était jamais exclu. Son attention aux autres, sa courtoisie, son savoir-vivre raffiné, l’élégance de son comportement et de son expression dans toutes les circonstances de la vie professionnelle et sociale étaient très remarquables et imposaient tout naturellement le respect et l’admiration. Il était impossible de ne pas être fortement et favorablement impressionné lorsqu’on le rencontrait pour la première fois.

Homme de convictions, il savait pourtant écouter ses contradicteurs et tenir compte au besoin de leur avis en révisant ses propres positions. Toutefois, lors de certains jurys universitaires, il disait parfois en forme de boutade « je n’écoute pas, car j’aurais trop peur d’être influencé dans mon jugement… » !

Doué d’un solide sens politique et diplomatique, il s’était entouré de très nombreux et fidèles amis, qui appartenaient aux milieux les plus divers, concernant certes la médecine et la chirurgie, mais aussi l’industrie, la politique, la finance, les arts, les lettres, la justice, la police, et même, disait-il, la pègre ! Son carnet d’adresse était une mine inépuisable. Surtout, il était pétri d’une convivialité chaleureuse. Les discussions avec ses proches collaborateurs se passaient très souvent autour d’un verre dans son petit bureau, voire autour d’un copieux déjeuner traditionnel à l’Auberge Pyrénées-Cévennes, qui était « sa cantine ».

Il était aussi profondément bienveillant. Malgré ses multiples fonctions hospitalo-universitaires, il était toujours disponible pour ses élèves, qu’il conseillait paternellement, même bien longtemps après qu’ils aient quitté le service. Il faisait partie de ces rares patrons qui aidaient leurs internes à opérer, et qui leur apprenaient ainsi en une heure ce qu’ils auraient mis des années à découvrir seuls. Il passait beaucoup de temps avec certains de ses patients, qui étaient devenus ses amis, et dont la consultation de contrôle n’était finalement qu’un prétexte à de très longues discussions amicales. Il accordait enfin une égale importance et une égale attention à tous les membres de son service, quelle que soit sa fonction, et pas seulement aux médecins et aux chirurgiens. Il avait conservé cette humanité bienveillante envers tous les personnels paramédicaux lorsqu’il avait lui-même été hospitalisé.

La réserve, la modestie et la discrétion complétaient le tableau de ses multiples qualités aristocratiques.

 

En dehors d’une hépatite virale qui avait définitivement réduit son poids en 1968, il avait été pendant toute sa vie en très bonne santé. Le tabac, dont il avait malheureusement abusé, a toutefois fini par prendre sa revanche. Depuis 2009 Pierre BANZET avait lutté avec courage, patience et acharnement contre la maladie. Il s’est éteint paisiblement le 27 avril 2012 à la maison médicale Jeanne Garnier. Il a été inhumé au cimetière du Montparnasse.

Marié une première fois en 1951, à l’âge de 22 ans, il gardait un souvenir très ému et reconnaissant à son beau-père, Jean-Pierre PEUGEOT, qui l’avait paternellement et efficacement conseillé dans de nombreux domaines. Il avait eu trois premiers enfants. Divorcé, il s’était remarié avec Martine DELTHIL, qui lui a donné une fille.

 

Marc REVOL

Merci à Julie BANZET, Gérard FLAGEUL et à Michèle LE DANVIC pour leurs corrections et leurs précieuses remarques

 


[1] C’est avec Claude Le Quang, en 1994 que l’acronyme « SFCPRE » était devenu « SoFCPRE ».

 
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